Une manière simple de commencer la méditation

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Plus de 1.300 études cliniques très sérieuses ont été consacrées à la méditation au cours des vingt dernières années.

Le monde scientifique s’intéresse de plus en plus à cette pratique et elle découvre chaque année des preuves supplémentaires de ses bienfaits pour la santé.

Le Docteur Laureys, du CHU de Liège, est sans aucun doute le chercheur qui a exploré le plus en profondeur les effets de la médiation sur le cerveau.

Une expérience qu’il n’est pas prêt d’oublier !

Une rencontre qui change tout

Le neurologue Steven Laureys est reconnu internationalement pour ses recherches portant sur le cerveau, la neuroplasticité et la conscience.

Il explore l’esprit humain et toutes ses composantes : pensées, perceptions, émotions, en utilisant les dernières technologies d’imagerie cérébrale.

Avec son équipe, il a étudié les cerveaux de personnages hors normes.

Parmi eux, des astronautes, des athlètes (dont le champion du monde d’apnée en profondeur Guillaume Nery) ou celui de la chamane Corine Sombrun.

Mais l’expérience qui l’a le plus fasciné est celle qu’il a menée avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard.

Il a pu constater de visu, grâce à l’imagerie médicale, que la structure et le fonctionnement du cerveau du moine présentaient des particularités jamais vues chez des sujets de son âge (plus de 70 ans à l’époque).

Peu avant de rencontrer Matthieu Ricard, le Docteur Laurey traversait une mauvaise passe.

Il s’était retrouvé seul avec trois jeunes enfants. Il dormait peu, buvait et fumait plus que de raison.

Suite à ses premières recherches avec le moine bouddhiste, sa vie change radicalement.

Il reprend un mode vie sain, se met à méditer lui-même et prescrit la méditation à ses patients atteints de problèmes neurologiques.

Mais que se passe-t-il donc dans la tête de Matthieu Ricard ?

En explorant les tréfonds du cerveau du moine bouddhiste et en visualisant en temps réel ce qui se passe lors de la méditation, plusieurs particularités étonnantes se sont peu à peu révélées.

  • De la matière grise à foison

Le volume de la matière grise1 de Matthieu Ricard est particulièrement marqué dans des zones déterminantes pour l’attention (cortex cingulaire et préfrontal), la régulation interne des émotions (insula et amygdale) et la mémoire (hippocampe).

Notre matière grise diminue à mesure que nous vieillissons mais à ce niveau Matthieu Ricard présentait un volume de matière grise semblable à des personnes de 10 à 15 ans plus jeunes que lui.

  • Des réseaux neuronaux en pleine forme

En mesurant la matière blanche (qui se compose principalement d’axones qui relient les neurones entre eux) l’équipe du DrLaureys a également noté chez Matthieu Ricard une densification du corps calleux2.

Plus le corps calleux est dense et plus il y a de connexions entre les deux hémisphères du cerveau, ce qui le rend infiniment plus efficace dans ses différentes fonctions.

Suite à d’autres expériences réalisées avec d’autres experts en méditation, il a été démontré qu’une pratique régulière favorisait le développement de certains réseaux de neurones et de connexions grâce à la neuroplasticité du cerveau3.

Pour résumer, ce que montre l’imagerie est que la méditation provoque des changements structurels et fonctionnels dans les réseaux cérébraux à grande échelle.

Vingt minutes de méditation par jour, y compris par des novices, pendant huit semaines, provoquent des modifications au niveau de la structure et du fonctionnement du cerveau.

Ces changements se traduisent concrètement par des effets positifs sur les émotions et le comportement (moins de stress, plus de positivité).

  • Une concentration de fer 

En mesurant la capacité d’attention de Matthieu Ricard le Dr Laureys a constaté qu’il obtenait des scores semblables à ceux de jeunes universitaires de 20 ans.

La méditation apprend en effet à être pleinement concentré sur l’instant présent sans être distrait par des pensées ou des stimuli indésirables.

  • Une activité intense

Plusieurs expériences ont été menées sur l’activité cérébrale des méditants4. Il a été prouvé que leur cerveau émet plus d’ondes gamma que la normale. Ces ondes électriques de très haute fréquence (supérieure à 35 Hz) témoignent d’une activité cérébrale intense. C’est celle qui est en route lorsque nous accomplissons une action qui fait appel à tous nos sens.

Une activité particulièrement intense a été décelée au niveau du cortex préfrontal gauche par rapport à la partie droite.

Cela relève d’une capacité très développée à ressentir les affects positifs de notre existence.

En cas de dépression, c’est souvent l’inverse qui se présente.

Les autres effets prouvés par la science

D’autres effets surprenants de la méditation ont été démontrés.

On a aussi constaté, sans qu’on puisse vraiment l’expliquer, qu’ils préservaient la taille des télomères5.

Quand nous vieillissons, les télomères, ces petits capuchons situés à l’extrémité de nos chromosomes et qui protègent l’ADN, raccourcissent.

Plus les télomères se réduisent et plus il y a de risques que surviennent des erreurs dans l’ADN des cellules lorsqu’elles se multiplient.

Cela peut conduire à des maladies, comme le cancer.

Les télomères des méditants expérimentés sont plus longs que ceux des non-initiés, et les chercheurs ont observé une augmentation de leur production de télomérase, une enzyme qui préserve les télomères de l’usure.

Concernant les effets plus « classiques » de la méditation, nous pouvons souligner l’aide précieuse qu’elle apporte en cas de psychopathologies diverses (dépression, anxiété, douleur psychosomatique, troubles addictifs, troubles de l’attention, stress traumatique…) et de douleurs (chroniques ou non).

D’innombrables études le mettent en avant6,7.

La méditation stimule aussi la créativité, l’empathie, la compassion, la bienveillance.

Des qualités dont notre société a bien besoin…

Une manière simple de commencer la méditation

Il existe différents types de méditation. Les trois grandes familles comportent :

1. La méditation de l’attention focalisée, où l’on se focalise sur quelque chose en particulier, comme la respiration, un objet ou un mantra.
2. La pleine conscience, ou présence ouverte, dans laquelle on s’entraîne à être attentif à ce que nos sens perçoivent : les nuances des couleurs que l’on voit, les sons que l’on entend, le souffle de notre respiration…
3. La méditation de l’amour bienveillant, qui vise à prendre conscience de nos propres émotions et de celles des autres, et à projeter de la bienveillance autour de soi.

Si vous souhaitez expérimenter la méditation, je vous conseille de commencer par le yoga nidra.

C’est une technique simple, accessible à tous et qui se situe à mi-chemin entre la relaxation et la méditation.

Il se pratique en position allongée et permet un lâcher-prise rapide.

Contrairement aux autres formes de yoga, il ne fait pas appel à des mouvements ou des postures. Il ne nécessite aucun effort physique.

On commence la séance en déplaçant son attention sur plusieurs endroits du corps tout en étant à l’écoute de nos sensations.

On s’attache dans un second temps à travailler sur des sensations variées comme le chaud et le froid, le lourd et le léger comme on le ferait en sophrologie.

Des exercices de respiration permettent en parallèle d’atteindre une plus grande détente.

Cette pratique étant guidée, il vous faudra donc soit participer à des cours, soit trouver des pistes de yoga nidra à écouter.

Trois quarts d’heure de yoga nidra équivaudraient à un cycle de sommeil d’environ deux heures.

Vous en ressortirez apaisé, régénéré physiquement et mentalement.

Si vous voulez compléter vos connaissances concernant les recherches du Dr Laureys, je vous conseille vivement deux ouvrages :

Méditer avec le Dr Steven Laureys et La méditation c’est bon pour le cerveau, tous deux parus aux éditions Odile Jacob.

Passionnants !

Et vous, la méditation fait-elle partie de votre quotidien ?

Laurent

 

Sources :

[1] Couche externe du cerveau ou cortex, lieu des opérations mentales et du stockage des informations.

[2] Sorte de pont qui relie les deux hémisphères du cerveau

[3] Afonso RF, et al. Neural correlates of meditation: a review of structural and functional MRI studies. Front Biosci (Schol Ed). 2020

[4] Lutz A, et al. Experienced mindfulness meditators exhibit higher parietal-occipital EEG gamma activity during NREM sleep. PLoS One. 2013

[5] Schutte NS, et al. Meditation and telomere length: a meta-analysis. Psychol Health. 2020

[6] Wielgosz J, et al. Mindfulness Meditation and Psychopathology. Annu Rev Clin Psychol. 2019

[7] Zeidan F, et al. Mindfulness meditation-based pain relief: a mechanistic account. Ann N Y Acad Sci. 2016