Et si votre estomac vous jouait un tour ? Faites ce test pour vérifier

fenouil

Une de mes lectrices m’a récemment écrit ceci :

« J’ai très souvent des ballonnements et des brûlures d’estomac. Or cela fait des années que je prends les IPP prescrits par mon médecin qui m’a diagnostiqué une hyperchlorhydrie.

Je viens de voir une naturopathe qui me dit l’inverse. Je n’aurais pas assez d’acidité ! Le monde marche sur la tête ! »

Eh bien, je peux vous dire que je ne suis pas surpris !

Dès que l’on se plaint de troubles gastriques, le premier réflexe des médecins est de donner des IPP ou inhibiteurs de la pompe à protons.

Il est vrai qu’en baissant l’acidité, ces puissants médicaments soulagent les symptômes…

Momentanément, devrais-je ajouter.

Car, une fois les effets dissipés, bonjour le rebond d’acidité gastrique1 !

Tout naturellement, on s’empresse de reprendre une dose. C’est normal. Qui a envie de souffrir ?

Mais voilà, le piège s’est renfermé sur vous, comme sur les 16 millions de Français utilisateurs d’IPP !

Des chiffres hallucinants qui font froid dans le dos surtout quand on sait que la cause de votre mal n’est toujours pas traitée.

Pire, il est désormais établi que les effets d’un usage prolongé sont délétères.

Les études ne manquent pas qui ont ainsi mis en évidence des carences (B12, magnésium, fer, calcium…)2, des dysbioses3, des risques de démence chez les plus âgés4, des maladies rénales chroniques… et de l’hypochlorhydrie !

Le serpent se mord bel et bien la queue !

Une acidité équilibrée garantit une bonne digestion

Pour pouvoir effectuer son travail, l’estomac doit abriter un milieu acide, au pH entre 1 et 3.

Quand tout va bien, son acide chlorhydrique remplit de multiples fonctions : la digestion bien entendu, mais aussi la protection contre les micro-organismes pathogènes et l’absorption des micronutriments5.

C’est pourquoi une faible acidité engendre de nombreuses perturbations comme l’hyperperméabilité intestinale, des carences et une prolifération des bactéries dans l’intestin grêle (SIBO).

Sans oublier les rots, la mauvaise haleine, les ballonnements, les douleurs, les nausées et autres vomissements…

Testez votre taux d’acidité

Si vous pensez souffrir d’hypochlorhydrie, je vous conseille d’exécuter ce test durant 5 jours consécutifs. Bien connu des naturopathes, il est facile à réaliser chez vous.

Prenez un petit verre d’eau, ajoutez-y 2 cuillères à café de bicarbonate de sodium et mélangez.

Buvez ce mélange à jeun. L’acidité de votre estomac va réagir avec le bicarbonate en générant du dioxyde de carbone, le gaz des éructations.

Il n’y a plus qu’à observer le temps que vous mettez à faire un rot.

Si le premier rot surgit en moins de 2 minutes, tout va bien.

Au-delà de 3 minutes, votre production d’acidité est probablement faible.

Au-delà de 5 minutes, c’est certain, il y a un problème !

Comment expliquer cette baisse d’acide chlorhydrique ?

Différents facteurs peuvent intervenir :

  • Le stress et l’anxiété : à long terme, l’estomac s’affaiblit et la sécrétion gastrique se raréfie.
  • L’âge : à partir de 60 ans, la production d’acide gastrique baisse naturellement.
  • Une mauvaise mastication : cela prive l’estomac d’une prédigestion et augmente la sécrétion d’acide. De quoi épuiser vos sécrétions gastriques.
  • L’hypothyroïdie : l’hormone thyroïdienne joue sur la sécrétion de l’acide chlorhydrique.
  • Une surconsommation de café : il surstimule la production d’acide gastrique, ce qui finit par déboussoler l’estomac.
  • La prise inappropriée de certains médicaments : dont les fameux IPP, mais aussi certains antibiotiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens.

5 conseils pour optimiser votre taux d’acide gastrique

Essayez de limiter au maximum les aliments industriels. Adoptez une alimentation variée et la plus brute possible, en privilégiant les cuissons douces.

Consommez des produits lacto-fermentés riches en probiotiques (miso, kéfir, kombucha).

Mollo sur le café et l’alcool !

Faites de vos repas des pauses sereines. Oubliez les écrans, mangez en pleine conscience, en mastiquant bien. Et cultivez cette sérénité en dehors des repas également.

Et pour finir quelques plantes :

  • Les toniques amères (gentiane, chicorée, camomille romaine…) particulièrement indiquées, car elles augmentent les sécrétions des sucs gastriques.

Prenez-les en infusion, 15 minutes avant les repas. Attention, elles sont déconseillées en cas de gastrite ou d’ulcère.

  • Les carminatives (fenouil, coriandre, sauge, thym…) qui soulagent les gaz, les ballonnements et les spasmes douloureux.

Si j’ai un peu forcé à table…

Pour une digestion légère, j’ai pris l’habitude de préparer la tisane des « 4 semences chaudes ».

La recette est hyper simple.

Mélangez à parts égales dans un récipient des graines de fenouil, d’anis, de carvi et de coriandre.

Faites bouillir 3 minutes, 1 cuillère à soupe dans l’équivalent d’une grande tasse d’eau.

Laissez infuser 10 minutes, filtrez et dégustez après le repas. Vous m’en direz des nouvelles ! Bonne digestion.

Prenez-vous des IPP ?

A bientôt,

Laurent

Sources :

[1] Lodrup AB et al. Systematic review: Symptoms of rebound acid hypersecretion following proton pump inhibitor treatment. Scand J Gastroenterol. 2013

[2] Dharmarajan T S et al. Do acid-lowering agents affect vitamin B12 status in older adults? Journal of the American Medical Directors Association. 2008

[3] Shi YC et al. Effects of Proton Pump Inhibitors on the Gastrointestinal Microbiota in Gastroesophageal Reflux Disease. Genomics Proteomics Bioinformatics. 2019

[4] Zhang P et al. Regular proton pump inhibitor use and incident dementia: population-based cohort study. BMC medicine. 2022

[5] ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK279304