3 étapes pour se sevrer des antidépresseurs

infusion tilleul

Somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs…

Commencer à prendre ce genre de médicaments c’est souvent tomber dans un engrenage infernal.

Parfois, on n’a pas d’autre choix, c’est vrai.

Mais il ne faut pas perdre de vue que l’objectif final est de pouvoir s’en passer un jour, et le plus rapidement possible.

Commence alors une longue épreuve : le sevrage.

Règle numéro 1 : ne pas se précipiter

La première chose à déterminer est de savoir si vous vous sentez prêt à vous passer de vos médicaments.

Ensuite, l’erreur à éviter à tout prix est de stopper d’un coup votre traitement.

Il faut que cela soit progressif.

Les risques avec un sevrage brutal sont importants : crise d’épilepsie, confusion, délire, vertiges, et surtout on s’expose à un risque de récidive majeur si l’on est soigné pour une dépression par exemple.

Pour commencer votre sevrage en douceur, il vous faudra en premier lieu en informer votre médecin.

D’un commun accord, vous pourrez diminuer vos doses de médicaments progressivement.

Il est préconisé de diminuer la dose quotidienne par paliers de 5 % à 10 % toutes les 1 à 4 semaines en fonction de votre ressenti.

On peut lire parfois sur internet qu’il est utile de prendre des compléments pour accompagner le sevrage.

A cette étape, je le déconseille.

Lorsque vous êtes sous traitement chimique (même si vous avez bien diminué les doses), il peut y avoir des interactions graves avec les plantes dites « anti-dépressives ».

Le mieux, selon moi, est de les utiliser en relais, et uniquement si besoin, une fois le sevrage effectué.

Je vous en reparlerai plus tard.

En attendant, évitez ce genre de compléments :

  • Griffonia
  • Tryptophane
  • Safran
  • Millepertuis

Étape 2 : débarrassez-vous des toxines

Lors de la période de sevrage, il est important d’aider l’organisme à évacuer les toxines, notamment celles propres aux médicaments que vous avez pris, souvent pendant longtemps.

Le foie est l’organe le plus concerné par le traitement des déchets toxiques.

C’est principalement lui qui s’en charge et il a beaucoup de travail, croyez-moi !

Entre notre alimentation qui n’est pas toujours très saine, les polluants divers et variés que nous absorbons chaque jour sans même en avoir conscience, l’alcool, le tabac et les médicaments…

C’est donc lui que nous allons aider en priorité.

Vous pouvez commencer à le faire durant la phase où vous diminuez la dose de vos médicaments et prolonger un peu ce nettoyage en profondeur une fois le sevrage terminé.

Bien détoxifier son foie peut prendre du temps, surtout si on l’a saturé de médicaments pendant longtemps.

Procédez par cures de 3 semaines et laissez votre organisme se reposer au moins quinze jours avant de reprendre la suivante.

Les plantes seront vos meilleures alliées.

Je pense en particulier (au choix) :

  • Au chardon marie

La posologie standard se situe entre 200 et 600 mg d’extrait titré à 70 % ou 80 % en silymarine1.

Les personnes allergiques aux plantes de la famille des astéracées doivent éviter de prendre du chardon-marie, tout comme celles qui souffrent d’obstruction des voies biliaires (calculs).

  • À l’aubier de tilleul

Vous trouverez de l’aubier de tilleul en magasin bio sous forme d’écorce à préparer en décoction à raison de 30 g par litre (faire bouillir 15 minutes, puis laissez infuser 15 minutes).

Vous devrez boire votre litre de décoction dans la journée.

  • À la teinture mère de pissenlit : 30 gouttes 2 fois par jour. 

En complément, je vous recommande aussi d’ajuster votre alimentation.

Éliminer les laitages, les produits raffinés gras et sucrés, l’alcool, le café et les viandes trop grasses.

Mettez l’accent sur les fruits et les légumes et buvez beaucoup d’eau de source (deux litres par jour).

Si vous ne le faites pas déjà, commencez une activité physique douce comme la marche quotidienne, le yoga, le Pilates ou la natation.

Si vous en avez les moyens, le sauna une fois par semaine est également un excellent moyen d’évacuer les toxines.

Étape 3 : retrouvez votre équilibre émotionnel avec les plantes

La dernière étape du protocole va dépendre de chacun.

Si, après en avoir fini avec vos médicaments, vous vous sentez suffisamment bien pour ne pas faire appel à des compléments, c’est la situation idéale.

En revanche, si vous avez encore besoin d’un soutien en raison d’angoisses ou de troubles du sommeil persistants, vous pouvez trouver une aide naturelle ponctuelle.

Cependant, ne perdez pas de vue que, là aussi, le mieux est que ce soit transitoire.

Voici les quelques plantes qui pourront vous aider.

Leur action est douce et elles n’auront pas d’effet d’accoutumance.

La rhodiole (Rhodiola rosea L.) : cette plante permet de lutter contre le stress nerveux et émotionnel. Elle améliore la dépression légère à modérée, apporte un bien-être significatif et est très bien supportée. Ses effets ont été à de maintes reprises confirmés par des études scientifiques sérieuses2. C’est une tonique qui doit être prise le matin ou le midi pour ne pas perturber le sommeil. La posologie usuelle varie entre 100 et 300 mg par jour. Il est conseillé de répartir cette dose journalière en deux prises et de se référer aux indications du fabricant.

La prise de rhodiole est contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante, chez les enfants, les personnes diabétiques ou ayant une maladie du foie et chez les personnes bipolaires.

L’ashwagandha (Withania somnifera) : aussi appelée ginseng indien, cette plante est incontournable de la médecine ayurvédique pour retrouver un meilleur équilibre émotionnel. C’est un des meilleurs anti-stress naturels qui soit3. Vous pouvez en faire usage en infusion (1 à 2 grammes de poudre d’ashwagandha par tasse et ne pas dépasser 2 tasses par jour). Pour les compléments alimentaires à base d’ashwagandha, la posologie peut être très différente d’un produit à l’autre en fonction de leur teneur en principes actifs. D’une manière générale, il convient de se référer aux posologies conseillées par le fabricant. En général, elle se situe entre 300 et 600 mg/j. L’ashwagandha n’altère pas le sommeil, bien au contraire. Vous pouvez donc en prendre le soir si vous avez des difficultés à vous endormir4.

L’ashwagandha est une plante qui ne doit pas être utilisée par les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les enfants, et les personnes souffrant d’hyperthyroïdie.

Les personnes allergiques aux solanacées devront également éviter d’en faire usage.

Vous trouverez ces deux plantes assez facilement en magasin bio ou en herboristerie.

La garantie de réussir son sevrage : une bonne hygiène de vie

Je ne peux que vous recommander d’associer la prise de compléments avec une hygiène de vie correcte.

Et vous pouvez d’ailleurs appliquer tous les principes qui suivent même après la période de sevrage.

Mangez sainement, mettez-vous au sport si ce n’est déjà fait, et ne négligez pas l’hygiène de votre mental.

La méditation, la cohérence cardiaque, le yoga, le contact avec la nature, permettent d’éviter les rechutes de manière significative5 6.

La bonne santé de votre flore intestinale est également à chouchouter.

De plus en plus de preuves indiquent qu’un microbiote déstabilisé est associé à des troubles anxieux et dépressifs.

Les recherches montrent que les personnes souffrant de troubles anxieux présentent une plus grande colonie de bactéries pro-inflammatoires ayant une action sur le fonctionnement du cerveau7.

Pour entretenir votre flore bénéfique, mangez des fibres et des aliments lacto-fermentés comme la choucroute, les cornichons, le kéfir ou le kimchi et faites des cures de probiotiques prolongées (3 mois).

Des liens ont également été rapportés entre les troubles anxieux et les carences en vitamine D et en oméga-38 9.

N’hésitez pas à vous complémenter car un bon nombre d’entre nous souffre de déficit à ce niveau.

Se sevrer des médicaments contre l’anxiété et la dépression est un chemin parfois long et difficile mais j’espère que cette lettre vous aidera à franchir le cap plus sereinement.

Êtes-vous déjà passé par là ?

A bientôt,

Laurent

[1] Comme ici par exemple : https://www.mon-herboristerie.com/les-gelules-comprimes/2858-chardon-marie-bio-extrait-titre-60-gelules-200-mg-dynveo.html
[2] Amsterdam JD, et al. Rhodiola rosea L. as a putative botanical antidepressant. Phytomedicine. 2016
[3] Akhgarjand C, et al. Does Ashwagandha supplementation have a beneficial effect on the management of anxiety and stress? A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Phytother Res. 2022
[4] Langade D, et al. Efficacy and Safety of Ashwagandha (Withania somnifera) Root Extract in Insomnia and Anxiety: A Double-blind, Randomized, Placebo-controlled Study. Cureus. 2019
[5] Saeed SA, et al. Depression and Anxiety Disorders: Benefits of Exercise, Yoga, and Meditation. Am Fam Physician. 2019
[6] Trousselard M, et al. Cardiac Coherence Training to Reduce Anxiety in Remitted Schizophrenia, a Pilot Study. Appl Psychophysiol Biofeedback. 2016
[7] Simpson CA, et al. The gut microbiota in anxiety and depression – A systematic review. Clin Psychol Rev. 2021
[8] Larrieu T, et al. Food for Mood: Relevance of Nutritional Omega-3 Fatty Acids for Depression and Anxiety. Front Physiol. 2018
[9] Casseb GAS, et al. Potential Role of Vitamin D for the Management of Depression and Anxiety. CNS Drugs. 2019